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Notre plus grand bonheur : Maéna,
née le 25.10.2004, notre fille de 3,5 kg !
Notre cauchemar a commencé le
mercredi 30 mars 2005 à 17 h 20, Maéna avait 5 mois.
Je reçois un coup de téléphone de la directrice de la
crèche familiale pour m'annoncer que les pompiers arrivent
chez l'assistante maternelle, car ma fille Maéna a fait
un malaise, mais elle me répète de ne pas m'inquiéter...
Chose difficile quand un bout'chou de 5 mois fait un
malaise. Mais dans mon esprit, il ne s'agissait pas
de quelque chose d'aussi grave que ce qu'il allait nous
arriver.
Je téléphone immédiatement à mon
mari pour le prévenir car il est encore au travail.
Je mets environ 10 à 15 minutes pour arriver chez l’assistante
maternelle. Le camion des pompiers est déjà sur place,
je monte dans l'appartement et vois ma fille pâle, incroyablement
blanche, les yeux fermés, collés, et je l'entends émettre
des petits cris. Un des pompiers lui a déjà mis un masque
à oxygène sur le visage, afin qu'elle respire mieux.
Je commence à réaliser que ma fille ne va vraiment
pas bien.
Je la regarde, lui parle, la touche, mais rien ! Je
crois sur le moment qu'en entendant le son de ma voix,
elle me regarderait et me ferait son sourire si craquant,
mais rien...
Je demande à la nounou ce qui s'est passé exactement.
Elle me dit, d'un ton tremblant "qu'à 17h, elle
lui a donné son biberon, l’a posé sur le tapis de jeu
par terre, puis quelques instants après l’a mis dans
son lit. Elle s'est occupée de changer la couche d'un
des autres enfants qu'elle garde, tout en entendant
Maéna pleurer. Quand elle a fini le change, comme Maéna
ne pleurait plus, elle a vérifié si elle dormait,
et là, elle l'a trouvée avec du vomi tout autour
d'elle, la prise dans les bras : Maéna était amorphe".
Les pompiers s'occupent toujours de ma fille, qui est
toujours aussi pâle. On me questionne sur sa santé...
Je leur dit que quelques jours auparavant elle a eu
une grosse fièvre, mais sinon, elle n'a pas de traitement
particulier, elle est en bonne santé, mis à part des
régurgitations.
Ma fille ne change pas de couleur.
Je leur demande si je peux la prendre. "Bien sûr" me répond un des
pompiers. Il m'aide à la prendre, mais je n'ai pas le réflexe de tenir son
cou (qu’elle tient bien en temps normal !) et, quand sa tête tombe dans
le creux de mon bras, je me rend compte de la gravité du "malaise"
de ma fille !
Elle est dans mes bras. Elle n'ouvre toujours pas les
yeux. Je trouve sa respiration très lente, je ne l'entend
presque pas. Je dis aux pompiers : "elle respire,
là ? Vous êtes sûr ?". Ils me rassurent en
me disant que ce n'est rien de grave... Je lui donne
de l'eau, comme pour un adulte qui s'évanouit, mais
Maéna la recrache, la vomit...
Les pompiers décident alors d'emmener Maéna aux urgence
de l'hôpital Louis Mourier à Colombes. Nous descendons
tous. En bas, je vois mon mari qui arrive, il me demande
ce qui se passe, tout en allant chercher notre fille
pour la prendre dans ses bras.
Puis nous partons, je monte dans
le camion des pompiers et garde ma fille dans mes bras tout le long du trajet.
Je lui parle, lui dit que tout va bien se passer, l'embrasse, lui caresse
la tête... Mais son état ne change pas.
Malgré tout ça, je reste dans l'ensemble assez confiante.
Pour moi, le malaise de ma fille est lié au fait qu'elle
a vomi dans son lit, car la nounou l'a posée trop vite
dans son lit. A la maison, après chaque biberon, on
la laisse au moins 45 minutes sur le transat bien relevé,
pour qu'elle puisse digérer tranquillement et ne pas
régurgiter.
Aux urgences de l'hôpital Louis Mourier,à son
arrivée, Maéna se remet à vomir, une fois, puis deux
fois, sûrement l'eau que je lui ai donné plus tôt. Ils
l'installent dans un lit, légèrement redressé. Son état
n'a toujours pas changé, yeux collés et très pâle, sans
aucun mouvement. Les infirmières et pédiatres, nous
parle de Gastro-entérite, puis décident de lui faire
une échographie du ventre, pour vérifier l'estomac,
ainsi qu’une radio du thorax pour voir s'il y a du liquide
dans l'estomac. Comme les résultats ne donnent rien,
ils décident de la transférer vers un hôpital muni d’un
service de réanimation, car son état, 4 heures après,
ne s’est toujours pas amélioré. Pour nous rassurer,
ils nous parlent d'une possible infection urinaire,
ce que nous sera confirmé par le Samu pédiatrique qui
viendra chercher Maéna pour la transférer à l'hôpital
Necker à Paris. Tout le personnel se veut rassurant,
mais vu l'état de notre fille, il est difficile de ne
pas craquer…
Vers 23h30, nous sommes arrivés à Necker. Maéna
est déjà arrivé avec le Samu, elle est dans un grand
lit d’adulte, avec des tubes et tuyaux partout. Plus
le temps passe, plus on réalise la gravité de l’état
de santé de notre bébé. Les médecins l'envoient faire
un scanner cérébral. On apprend qu'elle a un hématome
sous-dural. On nous demande si elle n'a pas reçu un
choc ou fait une chute ? La réponse est négative,
mis à part un petit cognement à la tête sur une
porte un mois auparavant. On nous affirme que ce ne
peut pas être ça, car trop éloigné dans le temps. "Et
chez sa nounou ?", rien à notre connaissance...
Ils décident de la garder en réanimation
neurochirurgicale, et malheureusement nous ne pouvons pas rester avec elle.
Pour le réanimateur, présent ce soir là, il s'agirait d'un choc à la tête.
Nous rentrons chez nous vers 3h du matin, très malheureux de devoir laisser
notre fille seule, c’est la première fois que nous nous séparons d'elle.
Le lendemain, d'autres analyses attendent Maéna
: temps de saignement et fond d'œil. Ce dernier examen,
qui consiste à vérifier si elle a des hémorragies rétiniennes,
associé à l'hématome sous-dural, indique que nous sommes
en présence "d'un bébé secoué", notre bébé.
Cela nous sera confirmé vendredi
après-midi (soit 2 jours après son arrivé à l’hôpital).
C’est le CHOC de notre vie ! Mon
mari saisit plus rapidement les faits que moi. Ses explications (il a passé
du temps sur internet à la recherche d’informations) m’on fait prendre conscience
de la violence que notre fille avait dû subir !
Les premières choses qui viennent
à l’esprit : qui ? pourquoi ?
L'état de Maéna n'évolue toujours
pas. Elle ouvre de temps à autres les yeux, mais sans rien fixer de précis
et encore moins nos visages.
Pas un regard, pas un sourire,
pas un son, mis à part, des petits gémissement que nous n’avons jamais entendu.
Dur ! Très dur, de voir notre bébé ainsi. Elle
qui d’habitude n’est que sourire et pleine de vie, ne
nous reconnaît plus, ne mange plus, ne fais que dormir,
vomir et gémir. Allons-nous la retrouver comme avant.
Resterait-elle ainsi pour toujours ? Quelle serait
sa vie plus tard ? Et les articles et témoignages
trouvés sur internet ne font qu’accroître notre anxiété.
Durant 5 jours pas la moindre amélioration ! Nos
(angoissantes) journées se suivent et se ressemblent.
Les visites se font de 13 heures à 20 heures. Le service
de réanimation est un service lourd. Quasiment une infirmière
par enfant. Un enfant par chambre. Interphone pour y
accéder. Se laver les mains quand on entre. Se laver
les mains quand on sort. Les machines n’arrêtent pas
de biper, de sonner ! Et notre tout petit bébé
au milieu de tout ça. Notre bébé que l’on n’ose pas
prendre dans les bras à cause de tous ces tubes.
Et malgré l’incroyable gentillesse
des équipes médicales tout cela est insupportable à vivre. Le temps est interminable.
La tristesse, la colère, la peur,
l’impuissance sont les sentiments qui ne cessent de se bousculer dans nos
têtes.
Et puis le lundi suivant, 5 jours
après son entrée, les médecins décident de lui faire une ponction au cerveau.
Celui-ci étant comprimé par le liquide de l'hématome, et que pas la moindre
amélioration ne se présente il faut dorénavant la soulager en évacuant le
liquide de l’hématome qui la comprime.
Nous quittons la chambre en laissant
Maéna avec le staff médical.
Un quart d’heure plus tard, c’est
le moment que l’on attend depuis si longtemps : Maéna nous regarde et nous
sourit. Elle nous reconnaît !!! Elle nous sourit !!!!! Son sourire,
son si beau sourire qui vient effacer, en une fraction de seconde, 5 jours
d’enfer !!!
On ressort la tête de l’eau, on respire à nouveau...
Concernant l'aspect juridique, l'hôpital Necker a décidé
le lundi 4 avril de faire le signalement au Parquet,
ceci dans l'intérêt de protéger l'enfant. Nous avons
été contacté par la Brigade des Mineurs le lendemain
et rendez-vous avec celle-ci 2 jours après et avons
porté plainte contre X. La nourrice a été entendue une
semaine après nous et mise en garde à vue. 15 (longs)
jours se sont écoulés entre le malaise et la garde à
vue de l'assistante maternelle...
On avait confiance en elle... quinze ans de métier :
les trois points négatifs pour ma part étaient qu’il
n’y avait pas assez de jouets pour 3 enfants (âgés environ
de 3 mois et demi, 16 mois et plus de 2 ans), que son
mari rentrait tous les midis pour déjeuner en même temps
que les enfants, et que son fils, d'environ 20 ans,
dormait la journée dans l'appartement parce qu'il travaillait
de nuit.
Au bout d’un mois l’enfant de 16 mois a déménagé et
l’assistante maternelle a accueilli un autre enfant
âgé de 8 mois. L’assistante maternelle m’a dit qu’elle
« ne souhaitait pas un deuxième bébé, mais plutôt
un enfant sachant marcher, plus grand que 8 mois, j’ai
accepté de prendre ce bébé pour l’argent même si j’aurais
préféré un enfant plus âgé».
Malheureusement, les médecins n’ont pu dater précisément
les faits. Ils n’ont pu donner qu’une large fourchette allant
de la journée du malaise à quelques jours le précédant.
Ce qui dans notre cas rend suspects toutes les personnes
ayant été en contact avec notre enfant : la nourrice
(et son entourage), sa grand-mère paternelle, et nous,
ses parents.
L'agrément de l'assistante maternelle a été suspendu
3 mois à compter du 12.04.05 par le service de PMI.
Notre bébé aura été hospitalisé au total 10 jours en
réanimation et 3 jours en chambre « normale »
de neurologie.
Il fallait surveiller son poids et sa fontanelle. Il
restait à voir quelles séquelles Maéna pourrait
avoir, mais au fil des journées elle était de plus en
plus éveillée, a même appris a se tenir assise toute
seule, donc les médecins étaient confiant, et nous aussi.
Au jour d’aujourd’hui, Maéna vient
de fêter ses 8 mois, elle se tient assise, se retourne du dos sur le ventre,
rampe, s'assoit seule, gazouille et sourit à longueur de journée.
Elle est suivie régulièrement à Necker. L'enquête judiciaire
a été transmise au procureur, nous attendons le résultat,
mais supposons que cela va se terminer "sans suite"
malheureusement (comme dans 30% des cas signalés). Nous
laissons la justice statuer.
La suspension de l'agrément de l’assistante maternelle
arrive à son terme dans quelque jours et nous ne savons
pas si elle va toujours travailler avec des enfants.
Nous tenons à remercier tout le personnel médical de
l'hôpital Necker (et Louis Mourier), ainsi que la psychologue
et l'assistante sociale, les pompiers, le Samu, et tout
ceux qui ont pris soin de Maéna, pour leur dévouement
et leur gentilesse !
Mi-juillet 2005 : nous apprenons par
la PMI, que l’agrément de l’assistante
maternelle n'est plus suspendu, celle-ci peut exercer
de nouveau, à compter du 12/07/05 !
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