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Qu’est-ce que c’est ?
Le Syndrome du Bébé Secoué (SBS) regroupe tous les signes et les symptômes résultant de la secousse violente d'un bébé ou d'un petit enfant. C'est une forme de maltraitance d'enfant.

Quelques fois, les pleurs d'un enfant peuvent dépasser le seuil de tolérance d'adultes en charge de celui-ci. Dans le désespoir (dans un moment de "pétage de plombs") et sans connaître les dangers et/ou envisager leurs conséquences, ils peuvent secouer le bébé "pour faire cesser les pleurs".

Ces secousses peuvent entraîner chez l'enfant des conséquences neurologiques irréparables : le décès (dans 10% à 30% des cas), des séquelles très graves (dans 50% à 60% des cas) telles que la tétraplégie, cécité, hémiplégie, épilépsie...
Seuls quelques enfants s’en sortiront sans séquelle. Néanmoins on retrouvera fréquemment chez ces enfants, quelques années plus tard, des troubles du comportement, des problèmes de mémoire...


Dans quelles circonstances ?
Volontairement :
- Une personne secoue le bébé par frustration dûe aux pleurs, au bébé qui vomit après avoir été changé, ...
Involontairement :
- Lors de jeux à risques mal contrôlés tels que "lancer l'enfant en l'air"...
- Faire un jogging avec bébé sur le dos,
- Tenter de réanimer maladroitement un bébé par des secousses après un malaise...


Conséquences ?
"La gravité des lésions et des issues consécutives à un traumatisme crânien par suite d’acte violent chez les nourrissons est pire que dans tous les autres types de lésion crânienne chez l’enfant" (Goldstein et coll., 1993; DiScala et coll., 2000).

"Les issues découlant du fait d’être secoué violemment peuvent varier de l’absence d’effet apparent à une incapacité cérébrale permanente, y compris un retard du développement, des convulsions ou la paralysie, la cécité et même de la mort.
Les conséquences des lésions neurologiques chez les survivants peuvent beaucoup tarder à se manifester et entraîner un éventail de déficits tout au long de la vie, y compris des troubles de comportement et un déficit cognitif
" (Chiocca, 1995).

La littérature neuropédiatrique (voir la rubrique Ressources) est très dense sur ce sujet mais un élément ressort et doit être retenu : le cerveau étant touché, les conséquences sont très graves dans la très grande majorité des cas.
Il y a peu de chance qu'un enfant ayant été secoué s'en sorte sans séquelle.


Pourquoi ?
Chez le nourrisson, les muscles du cou ne sont pas suffisamment toniques pour maintenir la tête, dont le poids est encore relativement lourd (~25% du poids total) par rapport au reste du corps. Lorsqu’un enfant en bas âge est secoué, sa tête balance donc relativement violemment d’avant en arrière.
Par ailleurs, contrairement au cerveau adulte, le cerveau d’un bébé ne remplit pas complètement sa boîte crânienne. Des oscillations brusques de la tête peuvent provoquer :
- un va-et-vient du cerveau qui heurte alors les parois du crâne,
- le cisaillement des veines-ponts entrainant des hémorragies.

Secouer un enfant au point de provoquer des lésions est un acte tellement violent que même des observateurs non avertis en reconnaîtraient immédiatement le danger (American Academy of Pediatrics, 1993; Carty et Ratcliffe, 1995).


Historique
En 1972, J. Caffey fut le premier à parler de syndrome du bébé secoué avec coup de fouet cervical. D’autres descriptions sont également privilégiées, dont syndrome d’impact par secousse (Bruce et Zimmerman, 1989, Duhaime et coll., 1998), traumatisme crânien par suite d’acte violent (Starling et coll., 1995), syndrome du nourrisson secoué avec coup de fouet cervical (Bonnier et coll., 1995), traumatisme crânien non accidentel (Giles et Nelson, 1998) et lésion crânienne non accidentelle (Barlow et Minns, 1999).



NE JAMAIS SECOUER UN BEBE !